Papa, Papounet, Pounet, Pap’s, Wakapépé, Wakap’, beau papa, pabeaupapapounet, et tellement d'autres noms pour t’appeler. Ce n’est pas étonnant car tu étais tellement incroyable.
La coutume voudrait qu’on dise que du bien. Nous on a décidé de dire la vérité sur toi papa.
Lors de tous les trajets en voiture de notre enfance, peu importe la durée, il nous a obligé à écouter du Sardou ou du Eddy Mitchel. Et même maintenant qu’il n’est plus là, il continue à nous obliger à écouter Michel Sardou.
D’ailleurs pour les départs, on avait le droit à un magnifique réveil en douceur au son du clairon. Tu étais limite plus excité et pressé que nous de partir.
Au grand dame de maman, tu as déplacé l'heure de l'entraînement de foot qui s'est retrouvé en même temps que le cathé... Nous obligeant à faire un choix... Désolé Père Paul.
Papa et maman avaient mis en place un rituel familial. Les réunions de famille. Un procédé machiavélique nous donnant l’illusion d’avoir notre mot à dire. On a appris une fois adulte, que tout était déjà décidé avant même le début de la réunion.
En hiver, quel tyran ! Tu obligeais chaque visiteurs à monter une bûche pour alimenter la cheminée. Il fallait même redescendre s’il l’avait oublié. Sans parler que tu nous proposais innocemment d’inviter nos amis quand comme par hasard le bois était livré.
Papa, tu n’avais pas de parole, tu nous a tous préparé depuis des années au fait que si tu devais avoir un cancer un jour, tu ne ferais rien, alors que finalement tu as tout donné.
Malgré ces qualités quelque peu contestables, tu nous a aussi beaucoup
transmis:
Tu étais un cuisinier hors pair qui m’a tout appris, les deux seuls plats que je sais faire c’est la purée mousseline et les pâtes. J’ai découvert qu'une fois mariée, que les merguez, bah en fait ça n'a pas le goût du charbon.
Papa quel grand bricoleur tu étais, nous pouvons reconnaître facilement ta touche car tu avais ta finition personnelle. Le scotch gris sur tes réalisations et des pansements plein les doigts. Tu avais fait le choix de ne pas t'équiper car tu avais des principes, une visseuse électrique ça ne sert à rien, ça n’a jamais de batterie quand on veut s’en servir.
On se moque de ta façon de bricoler car tu avais une approche non conventionnelle de t’attaquer aux travaux, mais en attendant tu es venu faire des travaux chez chacun d’entre nous. Tu as sûrement posé un nombre de mètres carré de plancher flottant incalculable.
Papa, tu avais un goût pour l'équité bien à toi. Je me souviens des batailles de
pistolet. Nous on avait un pistolet de cette taille qui tirait une fléchette à la fois quand toi tu t’étais acheté un fusil qui tirait plusieurs boules à la suite.
Tu as pris le temps de jouer avec nous. Je me souviens des courses de voitures dans la maison, des parties de ping pong endiablé, du babyfoot où tu jouais à une main pour nous laisser une chance de gagner. Je n'oublierai pasles deux jours en vélos passé ensemble.
Quand j'ai eu mon accident avec ma R19, (un simple aquaplaning) mais ma fierté m'a obligé à m'enfermer dans mon mytho ! Nous avons refait le trajet inverse "ou quelqu'un m'avait coupé la route" ! Bon sur place, comment expliquer qu'il n'y avait pas de bris de verre... tu as choisi quand même en me
disant : t'es sur? t'es sur? ok dans ces cas là, on va à la gendarmerie pour déposer plainte, sachant pertinemment que ce n’était pas vrai... Bref, j'ai eu de la chance, la gendarmerie était fermée.
On pensait que tu étais agent secret mais quelle déception de découvrir un projecteur de diapositives à la place de ce qu'on avait imaginé être la valise d'un fusil de sniper. Valise qu’on a tout de même forcé avec un tournevis.
Papa, tu avais le goût de la compétition. Tu aimais gagner mais pas autant que tu aimais tricher. On pourrait dire que tu étais un tricheur compulsif. Le pire c’est que tu trichais juste pour le plaisir de tricher et de te faire prendre…ou pas. Les parties de times up restent des moments mémorables.
Tu n’aurais jamais pu être croupier. Tu étais tellement long à distribuer les cartes que chacun vaquait à ses occupations quand venait ton tour. Certains prenaient leurs douches, d’autres rentrés le bois, ou d’autres par pitié ou charité décidaient de distribuer les cartes à ta place.
Tu te faisais un malin plaisir à mettre en compétition nos valeurs ajoutées. Inventant même un soit disant barème de points dont toi seul tenait les comptes. Maman devant parfois intervenir pour prendre leur défense.
Si il y en a un qui n'avait pas besoin d’être défendu, c'est bien Joël. Toujours le mot pour te faire plaisir, pour aller dans ton sens. La flatterie incarné.
Comment parler de toi sans parler de ta relation avec maman, tu as eu la chance de rencontrer ton âme sœur et de passer toute ta vie avec elle. Et il fallait vraiment qu’elle soit ton âme sœur pour accepter tes provocations, piques qui te faisaient tellement rire.
Ces dernières années n’ont pas été faciles pour tous les deux mais tu as toujours été un soutien, un bouclier pour maman.
Grâce à tous les deux, nous avons pu grandir avec l’exemple d’un couple uni,
dans une famille aimante. Dire que vous avez mis la barre haute est un euphémisme.
Conclusion de Mathieu: Tu étais à mes yeux un homme qui avait du mal à exprimer ce qu'il ressent et malgré cela, tu m’as toujours dit que j'avais le droit de pleurer, de ressentir. Dans de rares occasions j’ai pu te voir pleurer, être en colère, avoir peur. Mais ce que j’ai t’ai vu surtout faire. C'est aimer… Et merci pour ça
Conclusion de Steph: Merci papa, on aurait aimé profiter de toi plus longtemps. Si j'arrive à être la moitié du père et du mari que tu a été je serai déjà chanceux. Tu me manques déjà, je t'aime.
Conclusion de Yan: Quelle fierté d’être comparé à toi tout le temps, par la famille, les amis, il parait que j’ai ton sens de l’humour aiguisé et ta beau-gosse attitude ! Sois certain que je vais cultiver ce don trèèèèès longtemps. Tu es mon pilier, mon exemple. Je t’aime.
Conclusion de Emeline: Papa, je n’ai pas eu assez de toi, j’en aurai voulu tellement plus, tu as été à mes côtés à chacun des moments importants de ma vie c’est dur de me dire que tu ne seras pas à mes côtés pour les prochains. Je t’aime mon papounet tu seras pour toujours dans mon cœur. Je vais voler les mots de Lynda Lemay, et toi même tu sais : le plus fort c’est mon père.